Apprendre à obéir ou apprendre à penser ?

L´ECOUTE DE L´ENFANT
« Dis bonjour. »

« Fais un bisou à Mamie. »

« Ne réponds pas aux adultes. »

« Fais ce qu'on te dit. »

La plupart d'entre nous ont grandi avec ces phrases.

Et aujourd'hui encore,
elles résonnent dans les familles,
les écoles
et les lieux d'accueil.

Elles partent généralement d'une bonne intention.

Apprendre la politesse.
Le respect.
La vie en société.

Mais je me demande parfois quel est le message que les enfants entendent réellement.

À force de leur apprendre à répondre aux attentes des adultes,
ne risquons-nous pas de leur apprendre à s'éloigner de ce qu'ils ressentent ?

À force de leur demander d'obéir,
leur apprenons-nous encore à penser par eux-mêmes ?

Écouter ou obéir ?

Je ne pose pas ces questions pour accuser les parents.

Nous faisons tous partie d'une culture qui, depuis des générations,
valorise davantage l'obéissance des enfants que l'écoute de leur voix.

J'aime beaucoup cette réflexion d'Isabelle Filliozat :

Lorsque nous disons aux enfants « écoute-moi », ce que nous attendons parfois en réalité, c'est : « obéis-moi ».

Pourtant,
écouter et obéir ne sont pas la même chose.

Écouter,
c'est entendre,
réfléchir,
comprendre,
ressentir.

Obéir,
c'est exécuter.

Bien sûr,
les enfants ont besoin de limites.

Ils ont besoin d'adultes qui les guident et les protègent.

Mais ils ont aussi besoin d'apprendre à reconnaître ce qu'ils ressentent.

À dire :

« Je ne suis pas à l'aise. »
« Je ne suis pas d'accord. »
« Je n'en ai pas envie. »
« Non. »

La voix des enfants compte aussi

La Convention internationale des droits de l'enfant reconnaît aux enfants le droit d'exprimer leur opinion sur les sujets qui les concernent et d'être entendus.

Ce n'est pas un privilège.

C'est un droit fondamental.

Pourtant,
dans notre société,
la parole des adultes reste souvent plus crédible que celle des enfants.

Nous leur demandons très tôt d'écouter les adultes.

Mais apprenons-nous avec la même énergie aux adultes à écouter les enfants ?

Je crois profondément qu'un enfant qui sait que sa voix compte est un enfant mieux armé pour traverser la vie.

Un enfant qui sait que ses émotions ont de la valeur.

Un enfant qui sait qu'il a le droit de poser des limites.

Un enfant qui sait qu'il peut faire confiance à ce qu'il ressent.

Peut-être qu'il est temps de passer d'une culture de l'obéissance à une culture de l'écoute.

Non pas pour élever des enfants qui refusent toute règle.

Mais pour élever des enfants capables de réfléchir,
de ressentir
et de rester connectés à eux-mêmes.

Car lorsqu'un enfant ne se sent pas entendu,
il finit souvent par augmenter le volume.

Derrière bien des crises se cache simplement un besoin d'être écouté.

C'est ce que j'accompagne au quotidien : aider les parents à entendre ce qui se cache derrière les comportements de leur enfant, afin de retrouver plus de sérénité dans la relation.

Parce qu'un enfant qui se sent entendu a beaucoup moins besoin de crier pour exister.

Hélène
Accompagnante parentale

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